« Envie de Changer », « Changer de vie , changer de métier », « 100 idées pour un nouveau départ » … Les titres de la presse font ces temps ci la part belle au thème du changement, sous l’angle de la reconversion comme de la nouvelle vie tout court.

Dans le contexte actuel de la crise sanitaire et de son impact direct sur la conjoncture économique, les aspirations au changement peuvent entrer en conflit avec la perception de risques accrus. Les annonces des autorités concernant l’augmentation du nombre de demandeurs d’emploi (plus de 900 000 en 2020), ou sur l’envol des plans sociaux (doublement des PSE en 6 mois à période comparable) ne peuvent qu’amplifier ces craintes collectives vis-à-vis du travail. Pour tous, il serait donc urgent de patienter avant de bouger.

 

L’atrophie du marché de l’emploi ne signifie pas la disparition des opportunités professionnelles

 

Mais ces chiffres masquent une autre réalité qui n’est pas visible ou peu commentée. Tous les secteurs, entreprises ou métiers ne subissent pas la crise de plein fouet, voire s’en sortent et la traversent avec un fort développement de leurs activités. La tendance globale de tout ralentissement économique ne dicte nullement une règle universelle de récession qui s’appliquerait partout. L’atrophie du marché de l’emploi ne signifie pas la disparition des opportunités professionnelles. Cette illusion d’optique est entretenue par notre rapport maladif aux chiffres.

Pourtant, la conséquence première de cette ambiance générale autour du retournement du marché du travail est qu’elle nous entraîne dans le pessimisme et l’abattement. Pour un nombre très important de personnes la réalité se résume à la récession, aux destructions d’emploi. Ce qui provoque un vaste mouvement d’inertie et de peurs. Ce sont des réflexes de protection personnelle pour ceux qui sont en poste, une crainte de rester durablement sans emploi pour les personnes en transition.

 

Malgré ces circonstances peu favorables du marché du travail, les reconversions font l’actualité et constituent une tendance de fond

 

Face à cette humeur collective de fond, que quelques enquêtes cherchent à mesurer, des personnes ne se désarment pas. Malgré les circonstances peu favorables du marché du travail, les reconversions, les départs au vert, même les démissions font l’actualité depuis le début de la crise, et constituent une tendance de fond … Pourquoi ? Ces personnes n’auraient-elles aucune conscience des risques auxquels elles s’exposent ?

L’audace de ces actifs repose avant tout sur la clarté de leurs motivations. Cette clarté permet à ces audacieux de passer à l’action sans conditionner ce mouvement aux faveurs du marché de l’emploi. Leurs objectifs sont clairs, et l’environnement économique ne constitue donc pas pour eux l’unique critère de décision. De nombreux cadres font par exemple aujourd’hui le choix de quitter leur poste parce qu’ils sont déterminés à contribuer positivement à la planète, que le système dans lequel ils ne se reconnaissent plus soit en croissance, ou en retournement.

 

Conquérants ou suicidaires, les candidats qui veulent changer de métier sont déterminés, ce qui dans un contexte de morosité leur donne un véritable atout pour réussir leur transition

 

Conquérants pour les uns, suicidaires pour les autres, ces passages à l’acte se concrétisent pour la majeure partie d’entre eux par des changements véritables. A contre sens de l’intuition qui tendrait à redouter l’échec dans un marché du travail où les places sont plus rares, ces candidats déterminés sont tout simplement aussi moins nombreux, donc également moins en « concurrence ». C’est une simple question d’équilibre des forces qui se met en place. La réussite de la mobilité professionnelle n’est pas une question de statistiques calculées sur l’offre d’emploi, mais bien plus un enjeu de rapport qualitatif de cette offre avec la demande. Pour les cadres et diplômés du supérieur, l’équation est systématiquement vérifiée.

Est-ce donc pour vous le moment de changer professionnellement ? La réponse est simple : elle ne réside pas dans les données de l’emploi, dans les courbes du PIB, mais elle réside en vous et la clarté de vos motivations de carrière. Soit vous traversez un moment d’incertitudes et vous n’avez pas véritablement besoin de changer. Dans ce cas l’hésitation prend le dessus, et le mieux sera certainement de préserver votre situation dans l’attente de conditions plus favorables ou plus claires.

Dans l’autre hypothèse, vous savez clairement ce que vous voulez pour votre carrière. Vous pouvez donc vous engager dans le changement professionnel, dès aujourd’hui, sans retenue, avec pragmatisme, pour aller en confiance au devant des opportunités de notre environnement actuel de crise.

Une question précise ?