La question du sens au travail s’impose comme un thème d’actualité de cette crise sanitaire, de nombreux actifs se demandent s’ils faut se reconvertir. Laurent Polet, co fondateur de Primaveras est interviewé par Nouvelle Vie Professionnelle pour apporter son expertise et des repères pour aborder sa démarche de quête de sens.

 

Comment définir le sens au travail ?

 

Il n’existe pas de véritable définition, mais on peut distinguer 2 niveaux.

  • D’une part, le niveau des organisations qui s’intéressent à cette question sous l’angle du bien-être ou de l’ambiance, en termes d’environnement ou de modes de travail, mais aussi plus récemment sous l’angle de l’impact de leurs activités, notamment en réponse aux enjeux écologiques.
  • D’autre part, il y a le niveau des individus pour lesquels la question relève d’une sensibilité très personnelle, faite de valeurs, ou d’équilibre avec la vie personnelle. Et dans mes interventions, j’explique qu’il est illusoire de chercher une organisation qui proposerait une sorte de cadre ou de réponse idéale au sens au travail, car la quête de sens restera une démarche individuelle que doit mener chacun à son niveau.

Comment percevez-vous la question du sens au niveau individuel ?

 

Je cite souvent l’exemple de ces personnes du secteur social qui sont en souffrance. Elles nous démontrent qu’exercer un métier pour une cause ne suffit pas à se sentir bien dans son travail.

La philosophie de Primaveras repose sur le constat que la quête de sens au travail est complexe et personnelle, et qu’elle mérite de développer un vrai discernement sur ses orientations professionnelles.

Ainsi, les métiers de la transition sociale et climatique attirent légitiment de plus en plus car les gens se rendent compte qu’ils veulent contribuer directement à ces défis. Mais cela exige pour ces projets professionnels de définir précisément dans quel contexte ils seront déployés et d’être capables de répondre à des questions telles que : avec quel environnement je veux interagir, quelles compétences je veux mobiliser, quelle culture d’entreprise me convient…

 

Se reconvertir est-il donc un problème de « riche » ?

 

Ceux qui exercent des métiers ingrats ou éprouvants pourraient considérer que c’est un caprice. Mais je pense que le sujet concerne tout le monde, il devient un marqueur des mutations de notre monde du travail. Le sens au travail concerne également les questions de respect de la personne comme des conditions de travail décentes.

Pour les cadres, nous savons que la pression des résultats, les rythmes de travail intenses, ou le poids des process sont une réalité. Aussi, quand ces derniers ne comprennent plus leur utilité dans leur quotidien, se poser la question du sens au travail n’est pas un luxe, mais devient vraiment une nécessité. Personnellement, je pense que c’est aussi un enjeu pour notre société.

 

Se reconvertir est-il donc une réponse possible ?

 

Quand se reconvertir signifie de tout plaquer sur un coup de tête, ça présente un risque.

La reconversion n’est pas une fin en soi. Ce qui compte c’est de se poser les bonnes questions, d’être clair sur ce qu’on veut vraiment. Se reconvertir suppose de prendre des décisions qui seront durables. Il est possible que la décision soit d’opérer une mobilité interne ou un repositionnement dans sa recherche d’emploi, sans faire le grand saut de la bifurcation radicale. Il serait donc dommage de changer de métier pour constater après un an qu’on s’est trompé !

Ce qui est certain, c’est que les études supérieures ne nous préparent pas à faire cette démarche, elles peuvent même nous enfermer dans une voie toute tracée par les diplômes. C’est ce qui a été le fondement de la mission de Primaveras, c’est-à-dire d’apprendre à piloter ces périodes de flou sur sa carrière ou de mal-être au travail pour faire les bons choix.

 

Quel conseil auriez-vous à donner ?

 

La crise a en effet exacerbé la conscience des dérèglements de notre société comme elle a bousculé nos modes d’organisation avec le télétravail. Nous sommes tous affectés, et la quête de sens au travail est au cœur des interrogations.

Sauf environnement toxique, mon conseil est qu’il ne faut pas se précipiter, mais au contraire profiter de ce contexte pour mener une réflexion, s’informer, voire se faire accompagner.

Aujourd’hui, nos stagiaires qui rejoignent la communauté des anciens, sont issus de toutes les générations, de tous les secteurs, et de toutes les régions, signe que cette question du sens est devenue une étape incontournable de la carrière !

 

Vous pouvez suivre toutes les actualités de Primaveras sur Linkedin et Facebook.

Une question précise ?