Faut-il suivre une formation pour se reconvertir et redonner un sens nouveau à leur vie professionnelle ? La presse illustre régulièrement ces « success stories » qui font rêver, tel ce trader qui s’est lancé dans l’artisanat ou l’exploitation d’un gite rural… Quelle est la réalité de ces bifurcations des plus diplômés ?

En matière de reconversion, on imagine souvent que ces étapes de renouveau se déroulent au travers d’une formation, afin d’acquérir des compétences manquantes, et de se former à un nouveau métier, pour être légitime dans sa reconversion.

 

La formation comme un réflexe pour se reconvertir

 

La formation est un réflexe parfaitement compréhensible pour des personnes qui ont très largement profité de leur niveau académique pour construire leur évolution professionnelle. Mais c’est une erreur quand il s’agit de penser à se reconvertir vers un nouveau métier. Voici les deux raisons :

La première est qu’une formation n’est pas un préalable pour évoluer vers un nouveau métier. Notamment pour des personnes qui disposent d’un large capital de compétences et d’expérience. En effet, les plus diplômés n’ont souvent pas conscience de l’étendue des aptitudes, des savoir-faire ou des savoir-être qu’ils ont mobilisés au cours de leur vie professionnelle. Ces aptitudes peuvent très largement servir de pivot pour bâtir une nouvelle orientation sans avoir à en acquérir de nouvelles. C’est ce qu’on appelle communément les compétences transférables, qui constituent un socle de plus en plus significatif des compétences des métiers dits « qualifiés ».

 

La formation n’est pas un pré-requis à la reconversion

 

La deuxième raison est qu’une formation ne suffit pas à construire un projet professionnel. La recherche d’une formation complémentaire sur un CV va très souvent permettre de se rassurer par l’acquisition d’un titre professionnel. Mais choisir d’engager une formation vers un nouveau métier suppose d’avoir clairement identifié ses besoins de compétences nouvelles et le contexte professionnel recherché. Cela suppose aussi et surtout d’avoir mené une réflexion en profondeur sur ses nouvelles motivations au travail : valeurs, centres d’intérêt, mode ou environnemental de travail…

En l’occurrence, les études sur les bifurcations professionnelles démontrent que les « reconvertis » qui ont suivi une formation significative pour aller vers un nouveau métier est marginale. Certes, pour se reconvertir, à un moment, il y a un besoin d’acquisition de savoirs nouveaux. Mais pour s’approprier une connaissance sectorielle ou technique, un diplôme n’est nullement une condition indispensable.

 

Se reconvertir sans formation, c’est possible

 

Des cadres sensibles aux enjeux écologiques veulent se reconvertir vers le développement durable et cherchent une formation sur ces thématiques. Si l’intention est tout à fait respectable mais le développement durable ne fait pas un métier. Un diplôme ne doit pas occulter toutes les aptitudes acquises et remobilisables ailleurs.

Car les plus expérimentés notamment disposent d’un capital de compétences qui ouvre un large champ des possibles. Ce potentiel leur permet de ne pas réduire leur avenir à l’obtention d’un nouveau diplôme. Cependant, ce potentiel exige de mener un travail en profondeur sur ses motivations. Il est essentiel de décrypter ses critères de choix pour définir une nouvelle étape professionnelle. Du coup cela peut conduire à un virage majeur comme à un léger repositionnement de carrière. Cette démarche est plus exigeante, car moins confortable. Mais c’est celle qui apportera le plus de garantie sur la réussite de sa reconversion.

 

 


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