Vous vous posez peut-être aujourd’hui cette question : « quel sens donner à ma vie professionnelle ? ». Vous pouvez avoir le sentiment de ne pas contribuer à la hauteur de votre formation aux enjeux auxquels vous seriez sensibles. Changer de direction professionnelle pour être « utile » dans votre travail serait donc la réponse à cette interrogation. Il est possible par ailleurs que vous n’ayez pas vraiment choisi votre métier. Souvent on suit une voie toute tracée sans se poser les questions sur ce qu’on veut faire dans – et avec – son travail.

Dans le même temps, nous quittons une époque où les diplômes dessinaient nos carrières selon une trajectoire relativement prévisible. Nous entrons dans une période où l’incertitude est omniprésente. Instabilité des organisations, allongement de la vie professionnelle, émergence de défis multiples sont le lot des carrières… Face à l’incertain, nous essayons de chercher du « sens » à ce que nous faisons. Notre motivation et notre équilibre sont en jeu, parce que nous aspirons profondément à la cohérence.

 

Etre « utile » est possible, mais ne dépend pas que de la finalité

 

Faut-il par exemple se réorienter dans l’ESS pour trouver un meilleur équilibre et avoir un travail où on se sent « utile » ? La tentation est forte pour certains de traduire leur quête de sens au travail dans des activités à finalités sociales ou écologiques. Mais cela comporte aussi des limites, voire des dangers,

Car être utile signifie aussi être en cohérence avec son environnement de travail. La recherche de sens se construit de manière complexe comme une combinaison de nos critères de préférence au travail. Sur quels types de projets je veux travailler ? Quelles formes de rencontres je recherche ? Quelles conditions de travail me conviennent vraiment ? Comme vous le constatez, être utile ne se limite pas aux finalités de votre activité professionnelle. Vous vous apercevrez quand vos besoins n’ont pas tous la même importance, que certains comptent plus que d’autres pour être vraiment motivé. Autrement dit … l’utilité de l’activité ne suffit pas ! C’est ce que témoigne cet article sur le milieu hospitalier : « Et pourtant ils font un travail qui a du sens »

 

Trouver l’utilité devient une compétence

 

En vérité, nous ne sommes pas faits pour un seul métier. Il n’existe pas un job idéal en dehors duquel nous ne pourrions nous épanouir. Ceux qui arrivent à donner le sens d’utilité à leur carrière développent avant tout une forme d’agilité pour piloter leurs choix professionnels dans une posture réaliste. Ceux qui réussissent à trouver « leur voie » connaissent certes mieux leurs valeurs. Ils connaissent aussi mieux leurs priorités et préférences, et deviennent alors plus proactifs dans la sélection de leur environnement.

Dans notre culture française, nos formations peuvent parfois orienter nos choix de carrière dans une trajectoire toute définie. C’est pourquoi, être utile peut alors signifier de se mettre en capacité de changer. Il faut davantage savoir se repositionner, dans une voie singulière, selon ses préférences et dans un environnement professionnel adapté : c’est cela qui est une aptitude nouvelle.

Mais parallèlement, les organisations sont attendues pour accorder aux personnes le droit de se réorienter pour répondre à leur envie d’être utile. Pour cela que de plus en plus de décideurs, managers ou recruteurs adaptent leurs pratiques pour sortir des stéréotypes dans le recrutement et la mobilité.

Une question précise ?